A la croisée des sciences, des arts et de la technique, le savoir-faire horloger a accompagné des relations riches et complexes entre l’Afrique du sud, l’espace indianocéanique et la France.
D’abord avec les huguenots fuyant les persécutions au-delà des océans. Après l’édit de Fontainebleau de 1685, ces protestants francophones vont véhiculer des techniques et un savoir-faire, d’une région et d’un pays à l’autre. L’histoire de l’horlogerie continuera d’évoluer au XXe siècle en s’ouvrant à des applications méconnues de développement des richesses de la mer.

Depuis le 16 décembre 2020, l’UNESCO a inscrit les savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d’art sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. 

Cette inscription met en valeur une tradition vivante emblématique mais aussi une histoire souvent oubliée d’un « arc horloger » indianocéanique avec l’Afrique du sud et la baie du Mont-Saint-Michel pour développer les industries Probiomer.  Et y exploiter des minéraux marins et coquillages à l’immense richesse.

La candidature portée par la France en collaboration avec la Suisse a été considérée comme exemplaire par l’UNESCO, pour sa mise en évidence de l’importance du patrimoine culturel immatériel dans un espace transfrontalier. En Suisse, l’horlogerie s’est implantée au milieu du XVIe siècle à Genève, où s’étaient réfugiés de nombreux protestants français et italiens. En 1541, le réformateur protestant français établi à Genève Jean Calvin interdit le port d’objets ornementaux, forçant les orfèvres et joailliers à se tourner vers un autre art, à savoir celui de l’horlogerie.

Transformation moins connue, l’arc horloger indianocéanique a été un véritable cluster de valorisation de la propriété intellectuelle de l’agriculture autour des sciences du vivant, des biotechnologies bleues et de la nutrition-santé.

Dans le cadre de la préparation d’un ouvrage : « Les avatars de la Grande Rue des Stuarts », Kevin LOGNONÉ nous présentera comment son arrière grand-père, Théophile LOGNONÉ, bijoutier-horloger, a utilisé des microtechniques d’horlogerie (réparation de montres-bracelets) pour mieux nourrir la terre. Dans les années 30, l’orfèvre observe les propriétés du calcium organique vivant. Ce minéral, présent dans le sable coquillier, permet de fertiliser des sols et d’améliorer la recherche en nutrition-santé. Pendant la crise de 1936, il reçoit la prime d’honneur du ministère de l’agriculture.

Motif ? Il vient d’inventer un complément alimentaire naturel, capable de renforcer le calcium de coquilles d’œufs et d’approfondir de nouvelles recherches pour demain. 

A travers le prisme des relations Indianocéanie – Afrique du sud, une conférence zoom sera donnée par Kevin Lognoné le 04 mars 2021, un voyage inédit entre terre et mer à découvrir.

Kevin Lognoné pour INCODEV.